July 12, 2008

Valse avec Bachir

Cher Blog,

Je retourne à toi après un long silence. ככה אני.

J'ai pensé à toutes sortes de résurrections possibles à ton égard : te remplir de mon hébreu débutant, te confier ma vie intime, te remplir de critiques de livres et de films, te dédier à l'énergie solaire, te tuer (pour te ressusciter au troisième jour sous une autre identité bien sûr).

Ce soir je suis content de t'avoir. Je viens de voir "Valse avec Bachir". On m'avait dit : "C'est génial." Je m'attendais à quelque chose de révolutionnaire du point de vue graphique, et de percutant du point de vue politique. Puis un ami a mentionné "Valse avec Bachir, le film sur Sabra et Chatila". Et la semaine dernière j'ai vu la tête des gens qui sortaient de la séance. Alors j'ai compris que le film n'était pas juste un exercice de style.

Le film raconte le parcours d'un israélien d'une quarantaine d'années ayant servi, jeune soldat, lors de l'invasion israélienne du Liban de 1982, lorsqu'il se rend compte qu'il a opéré un effacement total de ses souvenirs de guerre. A partir ce quelques éléments disparates venus d'un rêve, il essaye de reconstituer sa mémoire. Dans son rêve, il se baigne avec quelques camarades dans la mer, sous un ciel rendu orange par les fusées éclairantes. Il sort de l'eau et se rhabille, se dirige vers le village et, au détour d'une ruelle, il rencontre un flot de femmes et d'enfants qui le croisent comme s'il était invisible.

En partant à la recherche d'un camarade qu'il a reconnu dans son rêve puis, de fil en aiguille, d'autres intervenants, il réussit à reconstituer son parcours dans la guerre, à l'exception du jour du massacre de Sabra et Chatila. "Qu'ai-je fait ce jour-là et pourquoi refusé-je de m'en souvenir si obstinément ?" Sans que l'on s'en rende compte, le film devient une mise au point, à partir d'interviews, sur ce que l'armée israélienne a fait et ce qu'elle n'a pas fait lors du massacre de Sabra et Chatila.

Film, autant que je puisse déterminer, particulièrement honnête. Film allant à l'essentiel et pourtant dénué de simplisme. Film amenant habilement le spectateur du champ des anecdotes personnelles à l'Histoire, du sentiment de culpabilité éprouvé par un individu à la responsabilité collective que je partage en tant que quasi-israélien.

Je reviendrai sur tout cela. En attendant je recommande très fortement le film.

1 comment:

cheyenne said...

oui, j'ai adore le film.
je sais plus quel critique disait, a raison, que c'est un beau melange entre "Maus" et "Shoah"...